La sagesse par le savoir, autre représentation du début XVII ème siècle.
Saint Thomas d'Aquin, fontaine de sagesse

     

Ce tableau provenant de la bibliothèque du couvent dominicain de l'Annonciation, à Paris s'inspire du Triomphe de Saint Thomas d' Aquin de Benozzo Gozzoli, vers 1449...la fontaine en plus. Thomas d'Aquin est entouré de 21 personnages qui tendent des écuelles et des coupes pour boire à la fontaine.

"Apôtre de l'intelligence, docteur de la vérité, restaurateur de l'ordre intellectuel, Saint Thomas d'Aquin n'a pas écrit pour le XIIIe siècle, il a écrit pour notre temps.


Son temps à lui, c'est le temps de l'esprit,qui domine les siècles. Je dit qu'il est un auteur contemporain, le plus actuel de tous les penseurs.

Thomas d'Aquin adhère si purement à la haute lumière de la sagesse qu'il se trouve à l'égard des sciences inférieures et de leurs ombres mouvantes, dans une liberté que nul philosophe n'a connue et tout le revêtement sensible emprunté à la science du XIIIe siècle peut tomber.

La doctrine philosophique et métaphysique de
Saint Thomas d'Aquin demeure aussi intègre
que l'âme une fois séparée du corps ".

J.Maritain,
Thomas d'Aquin,
le Docteur angélique,
1929. Cathédrale Notre -Dame, Paris.

 

Symbole de l'immense élan donné à la culture par l'église, la création des universités fut une des plus remarquables initiatives du Saint- Siège. Au dessus des pouvoirs civils ou écclésiastiques, elle consacrait en même temps que l'autorité de la monarchie pontificale, l'indépendance, l'universalité, et le prestige de la vie intellectuelle

Daniel Rops,
l'histoire de l 'Eglise du Christ

 

 

  Anonyme de la première moitié du XVIIe s.,
Saint Thomas d'Aquin,fontaine de sagesse.

Comme notre Sainte Conversation, le Saint Thomas d'Aquin, fontaine de sagesse s'inscrit dans le mouvement de contre réforme du début XVIIe siècle parisien.
Chaque tableau à sa façon, se réfère à l'ordre intellectuel et moral, défendu quatre siècles plus tôt par l'Université de Paris et dont l'exceptionnel rayonnement verra son apogée au XIIIe siècle, avec les Dominicains Albert Le Grand et Thomas d'Aquin.


Ce Docteur Angélique, légendé, est certes explicite. On ne s'étonnera pas que les Le Nain aient choisi une interprétation moins mièvre.

Ce sceau de l'Université de Paris au XIIIe siècle a pu leur servir de trame; la vierge et l'enfant, un saint, un évêque, assistés de deux professeurs, y représentent la source de la sagesse, ainsi que le rapport étroit entre la religion et l'enseignement médiéval.

Produit de l'école Victorine, Thomas Becket tient dans notre Sainte Conversation la place du prélat et symbolise magistralement la nécessaire rigueur de l' autorité pontificale.

Nul autre que Dominique ne saurait-être d' autre part plus déterminé à enseigner. Le saint rappelle avec son infatigable dynamisme, le rôle prépondérant de son ordre de savants, dans l' Université bien sur, mais aussi dans tout l' enseignement médiéval à partir du XIIIe siècle.

Sainte conversation avec Thomas de Canterbury


Huile sur toile 61 x 50 cm
vers 1640
attribuée aux Le Nain


- Thomas D'Aquin

- Laon,1173, premier sanctuaire dédié à Thomas Becket

- Thomas Becket

- Saint Dominique

- Joseph? et la Vierge

- L'enfant à la chandelle, un tableau perdu des Le Nain.


 
Fragment d'autographe de Saint Thomas d'Aquin, Bibliothèque apostolique vaticane.


L’écriture de saint Thomas d’Aquin faîte de ruptures et de dérapages traduit la promptitude d’esprit du scripteur tendant à accélérer la main à l’extrême limite des ressources physiques.

Les graphologues décèlent un tempérament d’une rare violence sous un calme apparent, voire légendaire qui lui valu le surnom de bœuf muet.

Saint Thomas d’Aquin eu pendant une quinzaine d’années, dirigé par Réginald de Piperno, une équipe de secrétaires et habiles sténographes tendus dans l’effort pour capter au mieux le verbe magistral jaillissant en effet comme d'une fontaine.