Murillo
Chef de l'école espagnole de Séville, Bartolomé Esteban Murillo naquit dans cette ville, le 1er janvier 1618.
Jean del Castillo, son oncle, qui avait étudié la peinture à Florence, lui enseigna l'art du dessin.

Lorsque Murillo fit, en 1642, le voyage de Madrid,
Moya, élève de Van Dyck, lui enseigna le coloris; et Vélasquez, compatriote de Murillo alors en faveur à la cour, lui procura les moyens d'étudier à fond, d'après les peintures du Titien, de Rubens ou de Van Dyck, répandues dans les maisons royales.

Les oeuvres de Murillo attirèrent bientôt l'attention générale. Doux, modeste, d'une grande austérité de moeurs, Murillo ne pouvait se plaire à la cour, où sa célébrité l'avait introduit.

Il s'en éloigna, en 1645, et se retira dans sa ville natale, qui devint le principal théâtre de ses succès. Il y orna le couvent des Franciscains de peintures à fresque qui excitèrent l'admiration.

Murillo ouvrit alors cette académie publique de dessin où, pour la première fois, les élèves furent appelés à dessiner d'après le modèle vivant et d'où sortirent une multitude de sujets distingués.

Bartolomé Esteban Murillo est mort à Séville, le 3 avril 1682, des suites d'une chute. Il fut enterré dans l'église Sainte-Croix, au pied de la Descente de Croix, peinte par Campagna, lieu où par testament, il demandait à être inhumé.

Comme la plupart des peintres, Murillo changea plusieurs fois de manière. Dans ses premières productions, on remarque un pinceau fier et hardi, un dessin plus vrai que correct.

Ensuite sa touche acquit plus de moelleux, ses carnations devinrent plus fraîches, il mit plus de correction dans son style; ses derniers et plus nombreux ouvrages sont mieux dessinés, la nature y est d'un meilleur choix, le pinceau plus franc, plus vigoureux, et néanmoins d'une grande suavité.

Ce sont ces perfections qui valurent à Murillo le titre pompeux de prince coloriste, qu'il partagea, en Europe avec le Titien et Rubens.
 
 

Le nombre des ouvrages de Murillo est prodigieux et Il n'est pas une corporation religieuse un peu riche en Espagne qui ne possédait de cet artiste plusieurs tableaux capitaux.

Dès la fin du XVIIe, Murillo est apprécié au delà de son pays et un cercle restreint d’amateurs achète ses tableaux au XVIIIe. siècle.

Comme Choiseul dont l’épouse est une Crozat, Walpole en Angleterre qui possède cinq tableaux, ou Diderot qui achète La Fuite en Egypte pour le nouveau Musée de l’Ermitage à Saint Petersbourg.

Vivement intéressé par l'Espagne, le prince russe Nikolaî Youssoupof séjourne à Séville et à Madrid vers 1777- 1778. Il devient propriétaire d’une des plus importantes galeries privées et sa collection léguée à son fils Boris Youssoupof contribuera, outre Murillo, à promouvoir début XIXeme la peinture espagnole devenue abondante à Saint Pétersbourg.


Un regain d’intérêt vint simultanément en France pour Murillo et les espagnols à la suite de l’invasion Napoléonienne en 1808 dont les chefs pillèrent impunément les églises et monastères. Puis de l’établissement du nouveau gouvernement qui s’en suivit, accompagné de désordres et de difficultés financières.

Les biens confisqués aux nobles passés du coté français furent vendus à vil prix et des nouveaux transferts contribuèrent à une meilleure connaissance d' une peinture espagnole jusqu’alors finalement peu connue.

Enfin la Galerie Espagnole, installée au Louvre par Louis Philippe de 1838 à 1848 confortera cet intérêt en permettant aux français de découvrir plus de 400 tableaux…qui seront ensuite dispersés à Londres en 1853.

Notre tableau est peint sur un coutil XIXe portant un cachet de marchand de couleurs et tableaux parisiens. Sa date de donnation,1845, est contemporaine de cette galerie espagnole ce qui ne nous surprend pas.

 
  Bartolomé Esteban Murillo
1618 - 1682, Séville
 


Saint Joseph
et l'enfant jésus
Le tableau original
est peint par Murillo vers 1670-1675

 

Copie XIXe, peinte avant 1845
Huile sur toile, 79x 98 cm,
cadre XIXème

Mention très lisible au verso avant réentoilage:
" donné par le capitaine Descieux en 1845.
"-

 


Batholomé Estéban Murillo
détail, autoportrait,
Richemond Gallery Cook

 

 

 

 

 

- La Vierge et l'Enfant Jésus
Ecole française du XVIIIe.
entourage d'Eustache Restout