Un tableau perdu des Le Nain,
L'enfant à la chandelle

Sainte conversation avec Thomas de Canterbury



Huile sur toile 61 x 50 cm
vers 1638
attribuée aux Le Nain

- Laon, 1173, premier sanctuaire dédié à Thomas Becket

- Thomas Becket

- Saint Dominique,

- Joseph? et la Vierge

- La sagesse par le savoir, autre représentation du début XIIè.

 



L'Enfant à la chandelle,gravure à l'eau forte,imprimée en planche hors texte dans la revue l'Art et les artistes de décembre 1905
Adolescent, détail du St. Jean de notre Sainte Conversation,
agrandi environ trois fois pour un écran 17 pouces.

Le jeune homme au verre de la Tabagie, signée et datée 1643, et le St.Jean de la Déploration sur le Christ mort. Ce dernier a certes un nez plus droit...voire volontairement plus sémite.

 

 

- (1) L'excellente biographie accompagnant l'exposition au Grand Palais de 1979 nous restitue la trace des contrats de quatre apprentis qui se succèderont ou cohabiteront dans l'atelier des Le Nains.

Pierre Minguet le 18 Octobre 1628 et Antoine Létoffé le 3 janvier 1630 pour 5 ans. Les dates sont très proches, Pierre Mainguet a peut-être renoncé. Jean Gervais suit le 15 Janvier 1632, agé de 17 ans, pour 4 ans, recommandé par Henri de Bourbon,fils d'Henri IV ,abbé de St Gemain des Prés.

- (2) Antoine Bonnemain enfin, le 15 Janvier 1637 pour 5 ans, âgé d'environ 14 ans, orphelin, fils d'un marchand de Paris et recommandé par un autre éminent personnage présent au contrat: François Etienne de Collet futur supérieur du séminaire de St. Sulpice.

- (3) Il s'agit du nez juif du Christ de la Déploration sur la Christ mort, vers 1635 et de celui du Saint Joseh présumé de notre Sainte Conversation.

 

Nous ne connaissons l' Enfant à la Chandelle que par cette gravure éditée en 1905. Dès le sommaire, l'éditeur nous avertit qu'il s'agit d'une "reproduction inédite d'après la peinture de Le Nain ".
Seul tiré à part, en bistre sur vergé ivoire, la gravure accompagne un article de sept pages consacré par Gustave Geffroy aux recherches de Chamfleury et Valabrègue. "Antony Valabrègue donne enfin un relevé des œuvres principales des frères Le Nain qui se trouvent dans les musées et édifices publics et dans les collections particulières de la France et de l'étranger. N'oublions pas d'ajouter ce joli Enfant à la Chandelle reproduit ici pour la première fois".


En dépit du ton quelque peu événementiel de cette première publication, le tableau, dont la localisation nétait pas précisée est à nouveau disparu; et semble t -il, oublié depuis.
Nous avons cru pouvoir rapprocher ce visage d'enfant de celui de l'adolescent de notre Sainte Conversation. Apprenti ? (1) Visage familier ayant grandi près de l'atelier des peintres ? Ce garçon a une bonne tête. Seul sans chapeau, ni autre accessoire tabaco-guerrier, il pourrait - sensiblement plus tard - avoir mission d'apporter une note d'humanité à l'arrogant portrait de groupe de la Tabagie. Ou représenter le pathétique saint Jean de la Déploration sur le Christ mort ?

Il ne s'agit bien sûr que d' hypothèses, mais pour ne s'en tenir qu'aux dates certaines,
Antoine Bonnemain (2), orphelin, issu d'un milieu pieux, pourrait-être entre 13 et 14 ans un enfant à la chandelle vraisemblable début 1637 et resté crédible 6 ans plus tard, à 20 ans environ, en retrait du portrait de groupe de la Tabagie.
Ce qui permettrait de proposer une date, aujourd'hui contreversée, pour la Déploration sur le Christ mort, vers 1643 également, voire peu après, tant l'âge des deux garçons paraît proche.
A supposer que le modèle soit le même, car il ne s'agit que d'une autre spéculation; la très légère modification du nez n' étant absoluement pas un obstacle et même paraîtrait-il logique à la lumière de précèdents établis (3), que Les Nain aient pu choisir de " l 'adapter" pour gagner en réalisme.

Le rapprochement entre l'Enfant à la chandelle et le Saint Jean de notre Sainte Conversation est beaucoup plus évident.

S'il s'agissait d 'Antoine Bonnemain, il lui faudrait attendre d'avoir environ 16 ans pour le représenter...vers 1639- 1640. Ce que ne contredisent pas les similitudes stylistiques avec La Messe pontificale dont la date,1640 est probable, et la Réunion musicale d'autre part, dont la date, 1642 accompagnant la signature est admise, sans certitude absolue à cause du dernier chiffre trop peu lisible.