"On ne sait de quoi l'on doit sourire: de l'apparente énormité des paradoxes ou de leur enfantine banalité ?..." (Brunetière, 1887)
Charles Baudelaire, 1789- 1863.

Ereinteur: Charles Baudelaire. Le visage d'un héros de cour d'assises, les fleurs du mal se sont épanouies sur sa figure. (Pontmartin 1868).

Baudelaire affectait un rictus atroce et se barattait la cervelle pour trouver de l'étrange. ( Leconte de Lisle, 1861)
L'appareil scolaire porte la responsabilité d'avoir, sans discernement et avec la globalité de l'oeuvre, porter au pinacle l'imposture d'un velléïtaire, agitateur de d' inssaisissables théories de correspondances entre parfums et couleurs, ni plus classables ou codifiables que des volutes de fumée, derrière lesquelles s'abritent, l'insignifiance des connaissances et l'inconséquence avérée d'un présumé critique d'art.

Ereinté: Horace Vernet, Détail d'un portrait d' Horace Vernet, peint en 1646 par Paul Delaroche. Le peintre est représenté a 59 ans, en grand bourgeois, homme du monde, un des plus prestigieux demi-dieu de l'art peuplant alors la nouvelle Athènes. "Cet homme, Je le hais" disait Baudelaire; le critique est à l'avenant, abject: qui parle de "toiles badigeonnées, d'art improvisé, de masturbation agile et fréquente, d' inexistance, d'onanisme, de plaisirs solitaire, d'art stérile, subalterne..."

Ereinté: Paul Delaroche,
détail, autoportrait à la mine de crayon, 1844.
Doté d'une solide culture éclectique, Delaroche élabore très tôt un type de peinture fortement documentée, en phase avec les recherches historiques de la période romantique.Il prend place aussitôt parmis les artistes les plus célèbres du siècle.
La reconnaissance officielle suit: officier de la légion d'honneur, directeur de l'école des Beaux arts, membre de l'Institut à moins de 35 ans

"Jamais personne si jeune n'avait été admise au sein de l'auguste socièté".
Il se pourrait que cette dernière particularité ait prodigieusement agacé Baudelaire.

 

L' immense popularité dont jouit Horace Vernet auprès des gens simples, est un motif supplémentaire d'éreintage pour Baudelaire " Une méthode simple pour connaître la portée d'un artiste est d'examiner son public. Delacroix a pour lui les peintres et les poètes (…) M. Horace Vernet les garnisons. " Il est définitivement établi que Vernet fut la tête de turc de Baudelaire, Delaroche venant aussitôt après, l'un et l'autre ne s 'en sont pas encore remis.

Car méconnu ou méprisé sa vie durant, fuit par les éditeurs et l'académie - dont il rêvera longtemps en vain - Baudelaire sera finalement adulé par des générations successives de lecteurs. Il aura suffit pour cela de la place privilégiée faite un jour à sa poésie par l'appareil scolaire. La force d'inertie aidant et bientôt amplifiant, voilà un auteur définitivement consacré, la notoriété perpétuée depuis par les titanesques presses Cameron qui débitent les Fleurs du mal à la tonnes, et nous ne sommes pas près de voir tarir la source de ses divagations sur l'art, ignomignieusement devenues "classiques", par la nécessité bibliophilique d'éditer des oeuvres complètes. Encore que cette nécessité fusse plus criante pour Baudelaire qui n'était rien moins que courageux, l'ensemble faisant péniblement de forts volumes.

Il était inévitable au demeurant que le langage provocateur, anticonformiste, vulgaire ou sulfureux de la poésie baudelairienne rencontrent l'enthousiasme des jeunes générations, avides d'étonnement, de paradoxes ou de contestations, promptes à chahuter l'ordre établi, fussent un temps au détriment de la morale. Mais le temps de l'éducation passé, les préjugés demeurent et c'est un grand scandale de voir l'aura posthume du poète, cautionner indéfiniement l'incurie d'un critique d'art se glorifiant d'ériger en doctrine l'éreintage ou la glorification systématique.

" Pour être juste, c'est à dire pour avoir sa raison d'être ", la critique - pour Baudelaire - " se doit d'être partiale, passionnée, politique, faite à un point de vue exclusif… " Voilà un moyen, sinon habile, un moyen en tout cas de faire l'impasse sur une culture picturale dérisoire … mise en regard de celle d'un Charles Blanc ou autre critique d'art contemporain comme Etienne Jean Delécluze.

Revenons sur les causes de cette impéritie et sur la haine constante dont Baudelaire poursuivit Horace Vernet. Ce dernier synthétise exactement tout ce que déteste l'autre. Vernet en plus aggrave son cas par une réussite insolente. Brûlant les étapes, adulé de son vivant, membre de l'institut et de presque toutes les académies, occupant des postes importants, décoré de la plus grande quantité d'ordres, il fait pour finir amplement fortune avec son pinceau; fortune que la plume de Baudelaire fuira avec une constance de tous les instants.

Baudelaire donc avait horreur de la discipline, de la morale bourgeoise, de la religion établie et par-dessus tout des militaires; l'ensemble incarné par son beau-père, le commandant Jacques Aupick, qui deviendra général et ambassadeur. Ce beau- père détesté essaiera de le soustraire à une vie scandaleuse en le faisant embarquer pour les Indes. Baudelaire qui se ventera plus tard d'avoir visité l'Inde ne dépassera pas en réalité l'île Maurice et revient dix mois après, réclamer sa part d'héritage paternel. Il s'installe avec celà, à 22 ans, dans une période d'oisiveté dorée et dilapide en quelque mois la moitié de son héritage. A la suite de quoi, Jacques Aupick le fait placer sous conseil judiciaire pour tenter de limité le désastre.

Dès lors, de 1844 à sa mort, Baudelaire va traîner une existence misérable. Ses tentatives de critique d'art en 1845 et 1846 ne relèvent en fait que d'un prosaïque besoin alimentaire; et ont ne voit pas que l'immersion dans la bohème parisienne, même entrecoupée d 'un voyage de dix mois dans l'océan indien fasse soudain surgir les compétances requises. Non que l'exploration assidue des maisons closes soient par ailleurs sans mérite, puisque Baudelaire y récolte incontinent la syphilis; mais cette autre expérience originale ne paraît propice qu'à nourir une érudition picturale limitée. Baudelaire critique d'art eu d'ailleurs de son vivant l'audience qu'il méritait: infime, pour ne pas dire nulle.

Voici l'éloges qu'il fait d'Ingres, commentant une exposition au Bazar Bonne- Nouvelle en 1846 : " La place nous manque, et peut-être la langue pour louer dignement le Stratonice, qui eut étonné Poussin " Ha ! " La Grande Odalisque dont Raphaël eut été tourmenté " bien ! On appréciera la consistance de ces observations. Baudelaire sait comme toute l'Europe l'admiration d'Ingres pour Raphaël et sans doute les réminiscences antiques de l'Antiochus et Stratonice lui rappelle l'allégeance à Poussin déjà exprimée par Ingres dans son Apothéos d'Homère en 1827 ; quand à l'étonnement de Poussin, suggérons, puisque Baudelaire nous laisse sur notre faim, qu'il puisse provenir du traitement sirupeux de l'architecture et des drapés, en décalage effectivement avec la manière du maître.

Continuons… " la Petite Odalisque, cette délicieuse et bizarre fantaisie qui n'a pas de précèdent dans l'art ancien. " Enfin Baudelaire prend un risque; à tort à notre avis, n'ayant pas trouver le temps entre trois verres d'absinthe de se déplacer, ne serait-ce qu'à Fontainebleau pour considérer les fresques du Primatice. Il n'est pas impossible d'autre part que Bronzino fusse pour lui un sculpteur; peu représenté au Louvre il est vrai, si ce n'est à l'époque par un seul portrait et Le Christ et la Madeleine. Un pareil tableau, religieux, a peu de chance de séduire Baudelaire - quoiqu'en un temps la Madeleine fusse intéressante - mais n'indique pas que Bronzino puisse peindre un sujet aussi différent que l' allégorie de la Luxure dévoilée par le temps ou Vénus et Cupidon entre le Temps et la Folie (vers 1546) dont le traitement des chairs, la précision du dessin ainsi que l'éclairage peu ombré sont proches jusqu'à l'étrange des baigneuses ou odalisques ingresques, à moins bien entendu qu'il ne s'agisse du contraire.

Jamais à cour d'imagination s'agissant de promouvoir ses poulains, Baudelaire juge habile, opportun en tout cas, d'embarquer Ingres sur le train du réalisme qui devient le courant à la mode en littérature et annonce l'essoufflement des grands triomphes romantiques. Comme la modération n'est pas son fort, il l'installe d'autorité en tête de convoi et voilà soudain, M. Ingres devenu selon Baudelaire, un " précurseur du réalisme en peinture " Baudelaire ne se trompe que d'un peu moins de trois siècles et ignore au surplus que le courant réaliste est né en grande partie d'une opposition à la "manière", que continu paradoxalement de professer Ingres dans son attachement au XVIe. siècle italien.

Ingres n'en fait d'ailleurs pas mystère et pouvait lui-même s'étonner. Jamais dit-il à propos de la Grande Odalisque, de qui chacun spécule sur l'excédent de vertèbres " Jamais un coup de femme n'est trop long ", il prône l'exagération de la ligne, ce qu'il appelle " corriger la nature par elle-même ", à ses élèves : "insistez sur les traits dominants du modèles …poussez-les s'il le faut jusqu'à la caricature. Je dis caricature afin de mieux faire sentir l'importance d'un principe si vrai. "

La caricature au demeurant est l'autre écueil du réalisme, que Baudelaire n'a pas su, ou voulu voir dans son éloge dithyrambique de Monsieur Bertin, dit l'Aîné. Le portrait exaspérait la fille du modèle qui trouve la pose de son père vulgaire, l'attitude ridicule et estime que le peintre a transformé un grand seigneur en gros fermier.

Concédons le, les véritables précurseurs d'un réalisme alors jugé subversif furent oubliés en France par Louis XIV et deux siècles après lui de monarchie absolue. Au point qu'il faille attendre le début du XXe. siècle et les travaux de Roberto Longhi pour mesurer l'onde de choc européenne du courant caravagesque, constamment alimentée cependant par le traditionnel voyage des peintres en Italie.

Le voyage n'était pas interdit aux critiques d'art. Géricault simplement, dont l'influence sur Delacroix est si notoire que Baudelaire ne puisse l'ignorer - bien que Géricault fusse l'ami intime d'Horace Vernet de qui il partageait l'atelier - Géricault donc, déjà couronné de précoces succès, pris la peine pendant trois ans, d'aller se perfectionner à Rome. Il y copie vers 1817 la Mise au Tombeau du Caravage, avant de peindre le Radeau de la Méduse. Rubens auparavant ainsi que Fragonard, avaient copié ce célèbre tableau, accueilli vers 1603 par les protestations de quelques " monsignori ", disant que ces rustres d'apôtres ressemblaient fort à des barbares enterrant leur chef mort au combat.

L'autre paradoxe pour en finir avec la fable baudelairienne d'un réalisme en peinture né au XIXe, est la proximité de Baudelaire et de Champfleury. Nouveau chantre du réalisme en littérature, mais constant et sincère, Champfleury se donne la peine de travailler à redécouvrir les frères le Nain et publie un essai sur la vie et l'œuvre de ces peintres en 1849 et 1850. Découverte trop tardive ? Trop axée à ses prémices sur la seule relation de gens simples, trop emprunte de " religiosité ", de respect d'autrui, d'humanité dans la manière d'exprimer un réalisme silencieux et magistralement exempt cette fois de toute trace de caricature ? Cette sincérité dans le réalisme se situe apparemment au-delà de la compréhension de Baudelaire qui bizarrement " déplore le culte niais de la nature" et pour qui Millet: " est insupportable et prétentieux. " Stupéfiant !

Remarquons que les théories innovantes ou l'ignorance de Baudelaire, ou les deux, lui font oublier même Chardin, les peintres du XVIIIe. à cette époque, ne faisant de longtemps plus recette. Sauf pour Lacaze, plus éclèctique, à qui trente francs suffisaient pour acheter les plus beaux tableau du maître.

Quant au réalisme des peintres honnis comme H. Vernet ou Delaroche, réalisme salué par Victor Hugo et Charles Blanc, ce réalisme là n'est évidemment pas de mise. L' Hémicycle de Delaroche par exemple:
Chaque tête de cette immense fresque fait l'objet de recherches srupuleuses, tout y est longuement réfléchi, rigoureusement défini, comme l'atteste nombre de dessins préparatoires .
Voici un extrait de la longue louange qu'en fait Charles Blanc:
"Le centre de ce groupe est Léonard (...),celui qui est placé comme un trait d'union entre le naturalisme allemand et le style italien, entre Albert Dürer et Raphaël. Assis et drapé avec une majestueuse élégance dans un ample manteau de velours, il tourne la tête vers le jeune Raphaël, qui, déja monté au premier rang, reçois néanmoins avec déférence les conseils d'un si grand homme. Cependant, le sombre Michel Ange, voûté par le travail et l'âge ,se tient à l'écart sans rien entendre, sans parler à personne, comme un artiste qui n'a rien a apprendre des autres,et qui ne reconnait autour de lui que des rivaux vaincus ou inférieurs...etc."

La fresque, 3,90m. de haut est longue de 25 mètres. Quelques mots suffisent à Baudelaire pour en venir à bout:" l'Hémicycle des Beaux-Arts est une oeuvre puérile,et maladroite, ou les intentions se contredisent et qui ressemble à une collection de portaits historiques."

D'autre artistes en s'en inspirant, notamment en Angleterre, rendront le meilleur hommage à la composition de Delaroche(X). Le réalisme de Delaroche, hormis celui des portraits dont la vérité suffirait selon Charles Blanc à lui conférer la maîtrise; ce réalisme tend à reconstituer une crédibilité historique à partir de solides recherches documentaires. Vernet est parfois proche qui écrit un mémoire sur les Rapports qui existent sur le costume des anciens Hébreux et celui des Arabes modernes; et y voit un facteur de renouvellement de l'iconographie religieuse.

Dans une lettre écrite vers 1855, Delaroche évoque " les idées nouvelles d'aujourd'hui, basées sur le simple et le vrai ", il ajoute à propos de son Cromwell (1831) : " on m'a reproché de l'avoir fait trop vrai, et maintenant, cette figure est devenue le type de quiconque veut le représenter, soit au théâtre, soit en sculpture, même en Angleterre ils sont fiers de ce grand hypocrite ".

Victor Hugo salue le tableau à sa manière :"
Qu'est ce que ce cercueil déposé sur deux chaises ?

C'est Charles premier, Roi. Les communes anglaises
On fait ce monument de justice. Et quel est
Cet homme à l'œil sévère, au rude gantelet,
Qui s'avance pensif vers la bière hagarde
Soulève le couvercle effrayant, et regarde… "

Horace de Vieil-Castel, futur conservateur du musée du Louvre évoque le tableau tardivement arrivé au salon de 1831 " Le Cromwell de M. Delaroche arrête tout d'abord le public qui reste silencieux des heures entières, étonné des idées profondes et mélancoliques que ce tableau fît naître en lui.
" Heinrich Heine ne tarit pas d'éloge et termine par des considérations techniques " Le tableau est peint avec une incomparable supériorité. C'est tout ensemble la finesse d'un Van Dyck et la hardiesse d'ombres de Rembrandt ". Charles blanc pour qui le Cromwell est " d'une vraisemblance criante " confirme l'aisance technique " la touche en est admirable; elle est flamande par la vérité et française par l'esprit. Pour trouver un costume dessiné avec plus d'aisance, mieux modelé dans ses plans, mieux fouillé dans ses plis, rendu enfin d'un pinceau libre, plus souple et en même temps plus résolu, il faudrait remonter jusqu'à Van Dyck. "

Cette concordance d'analyse technique est intéressante, sur l'aisance de la touche libre, ample et résolue qu'utilise Delaroche pour traduire l'austère brutalité d'un personnage ambigu, tenant de l'homme d'état et du spadassin. Elle confirme la science picturale, et les capacités techniques de Delaroche à utiliser un " faire circonstancié ", déjà remarqué par Charles Blanc à propos des portraits (voire page Delaroche). Pas seulement les portraits; la technique de son Lady Jane, d'une dimension comparable au Cromwell (2,46 x 2,97m.), peint seulement deux ans après, est radicalement différente. La touche en est fondue, qui soutient admirablement la transparence des glacis et restitue exactement, la fragilité de l'héroïne, au centre de cette scène barbare; ainsi que la délicatesse des carnations et la préciosité d'une robe de satin blanc magistralement venue.

A cause de ce tableau ou d'un autre, Delaroche ne sera pour Baudelaire que le peintre " d'un faire lèché ". Cette simplification scélérate est habile, tant il est simple d'y associer les connotations condescendantes connues : art laborieux, timoré, archaïsant, poncif, ou même pompier; qui seront le sirop aveuglément absorbé par des millions d'étudiants d'hier et de demain.

La simplification est au reste commode pour tout le monde, assurant de tout temps, le succès des gourous les plus calamiteux. Ereintage, nous y arrivons, d'Horace Vernet : " Cette peinture africaine est plus froide qu'une belle journée d'hiver. Tout y est d'une blancheur et d'une clarté désespérante…vraiment c'est une douleur de voir un homme d'esprit patauger dans l'horrible, M. H. Vernet n'a donc jamais vu les Rubens, les Véronèse, les Jouvenet, les Tintoret, morbleu ! "

Cette boutade a t-elle un intérêt ? …A propos d'un artiste né au Louvre, directeur de l'Académie de France en Italie pendant sept ans ou séjournant deux autres années chez Nicolas 1er, au cœur d'une des plus grandes collections de la planète.
Comme il paraît
bien établi d'autre part qu'aucun des peintres cités n'a jamais eu le loisirs de peindre dans le désert, on pourra s'interroger encore longtemps sur la pertinence de ce type de comparaison .

On n'ose imaginer l'exhibition pathétique d'une sous-culture, encore que le doute soit permis s'agissant de Baudelaire qui évoque Véronèse à tout propos et hors de propos, fusse l'éreintage de la photographie cette même année 1846 : " mais la couleur n'exclut certainement pas le grand dessin, celui de Véronèse par exemple qui procède surtout par l'ensemble et les masses...? " Jouvenet dans ce cas, à peine moins connu que les trois autres, constituerait alors l'extrême limite de cet affichage d'érudition populaire.

Contemporain: Charles Blanc, critique d'art, né à Castres en 1813, mort à Paris en 1882. Pondéré, érudit, compétent, éclairé, impartial, précis, Charles Blanc est l'antithèse de Charles Baudelaire.
Contrairement à ce dernier, il n'en disparaît pas moins des mémoires avec la rupture impressionniste qui fait à peu près table rase de six siècles d'évolution de peinture européenne. Il reçu de Calamatta et Mercuri des leçons de gravure, mais n'exécuta que quelques ouvrages. Il débuta comme critique d'art par des comptes rendus dans divers journaux, puis commença la publication d'une Histoire des peintres français au XIXe. Siècle (1845).

Appelé par la révolution de 1848 à la tête de l'administration des beaux-arts en qualité de commissaire du gouvernement, il prit plusieurs fois la parole à l'assemblée, notamment pour défendre pour le budget des musées nationaux et l'école de Rome menacée.

Rendu à la vie privée en 1850,Charles Blanc entreprit et termina en 1876, l'Histoire des peintres de toutes les écoles, vaste répertoire en 14 volumes, illustrés par des dessinateurs et des graveurs de mérite.

Charles Blanc à écrit à lui seul les monographies des peintres de l'école hollandaise, de l'école française, et des écoles ombrienne, romaine et vénitiennes. On lui doit encore les ouvrages suivants: l'œuvre de Rembrandt (1853), les trésors de l'art à Manchester (1857), de Paris à Venise, notes au crayon (1857), le Trésor de la curiosité, l'œuvre complète de Rembrandt, catalogue raisonné de toute les eaux fortes du maître et de ses peintures (1859-1863).

C'est à lui, enfin, qu'est due la fondation de la Gazette des beaux-arts, dans laquelle il publia plusieurs études remarquables; notamment les principaux chapitres de sa fameuse Grammaire des arts du dessin. Il fut élu membre de l'Académie des beaux-arts en 1869. De 1870 à 1873, il redevint directeur des beaux-arts.

 

Il fut élu en 1876, membre de l'Académie française, puis nommé professeur d'esthétique au Collège de France. La valeur de Charles Blanc comme écrivain d'art et son influence comme critique sont considérables au XIXe.siècle. Citons parmi ces ouvrages de critiques : Granville(1855) ; Ingres, sa vie et ses ouvrages (1870) ; le cabinet de M. Thiers (1871), L'Art dans la parure et le vêtement (1875); Les Artistes de mon temps(1876); Voyage de la haute Egypte(1876), et enfin la Grammaire des arts décoratifs (1881).

 

- Paul Delaroche, 1797-1856

- Horace Vernet, 1789-1863

Tête de Léonard de Vinci, étude préparatoire pour l'hémicycle des Beaux-Arts, par Paul Delaroche,1841 Huile sur toile 19 x 16 Cm Musée des Beaux-Arts, Nantes.

Aussi vigoureusement construite que savament éclairée, cette esquisse de modeste format, suffirait à contredire le schéma simpliste de Baudelaire qui rêve de ne voir chez Delaroche qu'un peintre au " faire léché " auquel se rattacheraient les poncifs d'usage : main hésitante, touche timorée, archaïsme etc...

 

 

 

 

Durer, Vinci, Dominiquin, Fra Bartoloméo, Mantégna, Jules Romain, Raphaël, Pérugin, Masaccio, Michel-Ange.
     
 
  Cromwell et Charles 1er
Paul Delaroche, 1831
huile sur toile 230 x 300 cm,
Musée de Nimes